Road trip en Californie

6 jours/7 nuits, 1400 km, 5 hôtels différents, voilà notre premier road trip aux USA ! Nous avions envie de visiter les parcs nationaux de la Sierra Nevada pour les vacances de Thanksgiving, en commençant par Yosemite puis Sequoia et Kings Canyon (communément appelés ensemble SEKI). Le début s’est déroulé comme prévu mais une tempête de neige nous a obligé à renoncer à SEKI… Nous avons donc dû changer notre itinéraire et avons finalement décidé de nous rendre sur la côte pour profiter de la douceur hivernale de la Californie après le froid glacial des montagnes 🙂

Petit point géographie !

YOSEMITE NATIONAL PARK

Prononcez à l’américaine phonétiquement « Yossémiti », ce parc a été classé parc national le 1er octobre 1890, ce qui en fait le deuxième plus ancien après Yellowstone mais également un des plus visités du pays. Facile et « rapide » d’accès en voiture depuis San Francisco, nous en avons donc loué une à l’aéroport, et comme notre avion est arrivé le soir, nous avons fait un premier arrêt à l’extérieur de la ville, à Livermore, pour éviter les bouchons le lendemain et arriver au plus tôt au parc.

On the road…

Le parc fait plus de 3000 km2 mais seulement une petite partie est visitable, le reste étant une « aire sauvage ». C’est peut-être aussi ça qui fait de ce parc une merveille de la nature. Nous avions ciblé l’essentiel, la vallée. Pour avoir LA vue d’en bas sur la vallée, il faut se rendre à Tunnel View, avant le tunnel de Wawona Road (il y a un parking). Et là pim :

Il y a pas mal de randonnées à faire dans la vallée et bonne nouvelle, il y en a pour tous les niveaux et quelques sites sont même accessibles aux personnes à mobilité réduite (bien que nous ne soyons pas concernés, c’est quand même super cool). Nous avons fait deux marches dans la vallée, Yosemite lower fall et Bridalveil fall. Pas ou peu d’eau en cette période de l’année, mais bon, les marches restent agréables vu l’environnement. On a croisé des gens qui nous ont demandé pour Yosemite fall s’il y avait de l’eau et comme on a répondu non, ils n’étaient plus très chaud pour y aller 🤔😅🤣 Hé les mecs, vous avez fait le chemin jusqu’ici, on est dans un cadre magnifique, y a 5 minutes de marche, sans déconner, allez-y ! Et à Bridalveil fall, on en a croisé qui avait l’air vraiment las de marcher et qui nous ont demandé sur le chemin du retour s’ils étaient bientôt arrivés : oui dans environ 20 secondes, et en même temps ça fait que 300 mètres que vous marchez a priori puisque la chute de Bridalveil, contrairement à la chute de Yosemite, à un parking au Trailhead… à 300 mètres donc… Voilà voilà. Partout dans le monde, ça reste pareil, les gens me font halluciner !!!! 🙃

Il y a par ailleurs de nombreux parkings où on peut s’arrêter, prendre des photos et profiter du cadre magnifique, et on aurait tort de s’en priver :

La route menant à Glacier Point, une falaise donnant vue d’en haut sur la vallée, avait été fermée quelques jours avant notre arrivée à cause des conditions météo. Mais contre toute attente et pour notre plus grand bonheur, elle a été réouverte lorsque nous y étions ! Il faut compter 1h de route pour s’y rendre depuis la vallée. Et bien sûr pareil pour revenir. Mais franchement, ça vaut vraiment le déplacement.

Si vous voulez faire la queue pour LE spot photo, il y a un petit rocher qui monte à pic à quelques mètres de la falaise et avec l’effet de perspective, on pourrait croire qu’on est au dessus du vide, ça rend pas trop mal.

Nous avons rapidement su que nous ne pourrions pas nous rendre à SEKI pour voir les séquoias géants. Il y a à Yosemite une zone, Mariposa Grove, qui abrite quelques séquoias, l’occasion pour nous de voir quand même de beaux spécimens. Là encore il faut compter 1 heure de route depuis la vallée et pareil pour revenir. Arrivés sur le parking de Mariposa Grove, une navette gratuite nous emmène sur site en quelques minutes. Ca m’a vraiment fait plaisir de pouvoir contempler ces merveilles. Sur la zone, on peut voir le remarquable Grizzli Giant, avec ses 63 mètres de haut et son diamètre maximal de presque 8 mètres ! Il n’est pourtant que le 25ème plus large séquoias vivants, ça permet de se rendre compte aussi que ce n’est qu’un petit échantillon de SEKI. On peut également admirer le tristement (je trouve) célèbre Tunnel Tree, un arbre que les hommes ont creusé pour passer en voiture dedans… apparemment ils ne pouvaient pas juste faire le tour…

On a adoré Yosemite, et y aller en cette période de l’année apporte un énorme avantage, ce n’est pas bondé. En 2018, il y a eu plus de 4 millions de visiteurs, et presque 50% d’entre eux ont visité en été. L’autre moitié étant répartie sur tout le reste de l’année, vous pouvez imaginer comme le site est plus calme. En été, il peut être difficile de se garer sur les parkings des randonnées dès le milieu de matinée et les navettes de la vallée et de Mariposa sont forcément plus saturées. Personnellement je trouve que la foule gâche le charme et empêche de profiter pleinement de son environnement. Je suis donc très contente d’y avoir été en cette saison. Mais attention, il n’y a pas que des avantages bien sûr. D’abord, il y a le risque de ne pas pouvoir profiter de toutes les zones du parc à cause de la météo. Il est également à noter qu’il peut être difficile de se loger. Bien que nous ayons eu une chance incroyable avec un soleil magnifique, les températures ont rarement été positives, camper n’est donc pas possible (sauf pour les fous ou les suréquipés – oui on en a vu !!), surtout quand on part avec un enfant en bas âge comme nous. Donc même s’il y a moins de monde, tous vont chercher à avoir une chambre d’hôtel. Il reste généralement de la place dans l’hôtel mythique du site, The Ahwahnee, mais à $600 la nuit… pour une chambre de base bien entendu ! Notre option a été d’aller à El Portal, dans l’hôtel Yosemite View Lodge. C’est le motel le plus proche de l’entrée du parc et là les prix sont standards.

Il peut également être compliqué de manger. A savoir, il n’y a pas de commodités à Glacier Point, juste des sanitaires. A Mariposa c’est pareil sauf que sur la route, il y a une station service, j’imagine qu’on peut y trouver quelques trucs. En parlant de station service, attention à bien gérer votre réservoir, il y a très peu de stations autour de Yosemite… Pour en revenir à la nourriture, bien qu’il y ait dans la vallée toutes les commodités nécessaires (il y a même un Starbucks!) c’est tellement blindé partout que soit il faut arriver très très tôt type 11h pour déjeuner, soit il faut acheter un sandwich à l’épicerie, option qu’on vous déconseille, on a pas pu manger les nôtres tellement ils étaient immondes alors que mon mari n’est franchement pas difficile, c’est dire. Et pour le soir, peu de resto. A El portal, il y avait le resto du motel et ensuite le plus proche, le resto de l’hôtel d’à côté à quelques minutes de voiture, c’est à peu près tout. On a fait les deux et pareil, il faut arriver très très tôt, à l’heure américaine en fait, c’est à dire 5h30-6h00 sinon c’est le sketch et c’est peu dire : pour un, pas de prise de commande à table et queue interminable pour la passer, pour l’autre salle vide mais bipeur pour attendre de pouvoir entrer pour manger. Clairement ils manquent énormément de personnel. Peut-être est-ce différent en pleine saison pour le coup !! La nuit tombe à 5h00 donc manger et dormir tôt et ensuite se lever tôt et partir visiter dès 7h30-8h00 c’est de loin la meilleure option, pour nous en tout cas 🙂 Mise en garde faites !

TRANSIT PAR FRESNO

Après 2 nuits à El Portal, direction Fresno, où nous avions également réservé 2 nuits. Soyons clair, Fresno n’est pas touristique, il n’y a pas grand chose à faire et la ville n’est pas très attirante. Pourtant, il y a de forte chance que vous ayez vous aussi à passer par là pour un itinéraire similaire au nôtre. Et oui, Fresno c’est proche de tous les grands sites, que ce soit Yosemite ou SEKI et offre une étape intermédiaire pour repartir vers la côte. C’est central ! Quitte à être sur place, malgré le mauvais temps arrivant nous avons essayé de visiter les jardins sous-terrains et le jardin japonais mais les deux étaient fermés, assez improbable et pas très accueillant. Nous avons donc juste été au Woodward park (parking payant $5) pour avoir des jeux pour enfants parce que bon, ce ne sont pas que les vacances de papa-maman, il y en a un qui était content d’aller faire du toboggan 🤗 !! Parc très sympa ma foi !! Devant changer notre itinéraire, nous restons donc finalement qu’une nuit et abandonnons notre hôtel de Fresno pour partir sur la côte. Même si la seconde nuit n’était pas remboursable, il restait préférable de profiter des vacances ailleurs plutôt que de rester ici… Après Fresno, nous n’avions rien réservé pour pouvoir s’organiser fonction de notre « vitesse » de visite. Mais nous retiendrons la leçon qu’à part dans les lieux très touristiques, comme les parc nationaux justement, il n’est pas nécessaire de réserver en avance, tout peut se faire au jour le jour, ça se passe très bien 👌

MONTEREY BAY

La météo a été un peu capricieuse jusqu’à la fin du séjour mais le temps se dégage vite au bord de l’eau, nous permettant de profiter pleinement de nos deux nuits à Monterey. Cette charmante petite ville de 28000 habitants est connue pour son ancien centre de l’industrie des conserves de sardines. La dernière conserverie a fermé ses portes dans les années 70, laissant maintenant « Cannery Row » aux charmes des boutiques, restaurants et bars occupants des usines désaffectés.

Le Old Fisherman Warf, quai utilisé pour le marché de gros jusque dans les années 60, à lui aussi désormais laissé place à divers boutiques et restaurants. Nous n’y avons fait qu’un court passage, préférant aller dîner sur Cannery vu les panneaux devant les restaurants (voir photos). Nous sommes aux USA depuis presque 6 mois et on bouge pas mal. Assez pour savoir que c’est un pays très baby-friendly alors franchement on ne s’attendait pas à ce genre de panneaux « anti-bébés » qui nous ont franchement refroidis.

Pour se balader dans Monterey, n’hésitez pas à prendre la navette gratuite qui passe par les points phares de la ville. C’est un bus ancien, très sympa !

Sur la Baie de Monterey, je conseille vivement de faire la 17-miles road. C’est une route panoramique privée, faisant une boucle de 17 miles (comme son nom l’indique), et qui traverse des villas de luxe, des terrains de golf mais aussi et surtout qui offre des vues spectaculaires sur l’océan. C’est magnifique, et très bien aménagé. Il y a des spots pour s’arrêter un peu partout avec quelques panneaux explicatifs. A l’entrée, après voir payé le droit d’accès de $10.50, on vous fournira un petit dépliant. Et c’est parti ! Pour longer l’océan, il est plus logique de faire la route du Nord vers le Sud et comme ce qui nous intéressait le plus c’était de faire la côte, nous n’avons pas fait toute la boucle. Nous sommes rentrés par Pacifique Grove et ressortis à Carmel-by-the-sea puisque nous voulions visiter ce village. Rien que pour cette partie, en comptant les arrêts, nous sommes restés au moins 2H30 !! Après, ça peut se faire très rapidement mais si ça vous plait, il est facile d’y rester la journée. En plus, pas con, si vous mangez au restaurant sur place, on vous déduira le prix de l’entrée de votre addition. Des tables de pique-nique sont aussi disponibles mais j’imagine qu’en pleine saison ça ne doit pas être simple d’avoir une place. En tout cas entre la beauté de l’océan, qui était déchainé quand nous y sommes allés, et le fait de pouvoir voir des animaux dans un milieu sauvage (otaries, phoques, oiseaux) c’était vraiment extra ! Ben oui c’est quand même plus sympa de voir des otaries nagées tranquillement dans l’eau plutôt que les voir passer dans des cerceaux au zoo…

Nous sommes donc ressortis à Carmel-by-the-sea, petite ville de seulement 2,8 km2 pour 4000 habitants. Vous en ferez très vite le tour mais elle est tellement charmante qu’il serait un crime de ne pas s’y arrêter, et y manger 🙂 Yummi !!! D’autant que Carmel à une règle : pas de chaînes de restaurants. Du coup, que de « vrais » restaurateurs, ça change. Et ce n’est pas la seule spécificité de Carmel ! Vous y verrez par exemple énormément de chiens, car oui, là bas ils sont les bienvenus (presque) partout. A tel point que certains restaurants proposeraient même des petits plats exprès pour eux ! Tout est fait pour ne pas dénaturer le paysage : aucun feu de circulation, éclairage public ou parcmètre. Authenticité est le maître mot ! Il n’y a pas non plus de numéro aux maisons, les habitants doivent aller chercher leur courrier directement au centre postal. Et le farfelu continu quand même avec l’interdiction de porter des hauts talons aiguille ou de manger des glaces dans la rue. Clint Eastwood a été Maire de ce village (si si!) et c’est à lui qu’on doit par exemple l’interdiction des chaînes, ce qui à mon sens est vraiment une bonne idée !

Le dernier jour, nous devions rejoindre San Francisco pour passer la nuit au plus proche de l’aéroport pour faciliter la logistique, l’avion étant tôt le lendemain. Nous avons donc quitté Monterey au matin, fait le tour de la baie pour faire un micro arrêt à la plage de Capitola, puis on a passé une partie de la journée à Santa Cruz, avant d’emprunter la Highway 1 jusqu’à SF. Ben oui, tant qu’à rouler, autant prendre un chemin qui longe l’océan 😉 La plage de Capitola était envahie d’algues mais les belles petites maisons colorées sont sympa à voir ! Par contre Santa Cruz, clairement, on a pas accroché. Nous n’avons pas trouvé le centre ville très joli, et il y a énormément de SDF. D’ailleurs, je n’avais jamais vu ça mais on a été au Starbucks, comme presque tous les matins pour le petit déjeuner, et j’attend pour aller aux sanitaires. Une attente interminable. Jusqu’à ce qu’une employée arrive, tape aux portes et cri aux gens dedans qu’elle lance le timeur et qu’ils doivent avoir dégagé dans 5 minutes top chrono. Ah oui, ah ok, en fait les SDF entrent, prennent un café, se lavent (normal quoi!) et repartent. Remarque, franchement, c’est loin d’être idiot ! Bref, ne trouvant pas le centre ville très accueillant, nous voilà partis au Boardwalk. Le matin, tôt, lendemain de Thanksgiving, tout était fermé. Ceci dit c’était sympa, la plage, le calme, les oiseaux… oui parce que j’imagine en plein été ça doit être bien le bordel vu la taille du Boardwalk, tout ce qu’on aime pas en fait…! Un peu suranné mais typique néanmoins, ça reste une balade à faire; Pour terminer dernier arrêt au Monarch Butterfly Natural Preserve, un lieu où, pour une raison qui reste a priori encore un peu mystérieuse, chaque année des milliers de papillons Monarch s’installent pour l’hiver. Nous n’avons pas fait tout le tour de la réserve mais on a été sur le premier grand point d’observation indiqué sur la carte fournie à l’entrée et franchement il y avait peu de papillons. Mon mari m’a même dit qu’il en avait vu plus en joggant sur le sentier aux papillons de Bouloc (pour les connaisseurs du Nord-Toulousain!!!!). Heureusement, pour finir parfaitement cette journée, la route était tout simplement magnifique.

On pense parfois que la route va être du temps de transit perdu mais il n’en est rien. En roulant, on tombe sur des paysages incroyables, des panneaux de circulation incongrus, des villages tout droit sortis de notre imaginaire du Far West, et plus encore.

Sur la route pour aller à Fresno on s’est retrouvé au milieu de rien, seuls avec juste un camion devant, des champs à perte de vue, quelques ranchs de temps en temps et un rail, immense, jusqu’à l’horizon. Et là, un train passe et le convoi ne s’arrête plus ! Il devait y avoir au moins 5 locomotives attachées ensemble tractant plus d’une centaines de conteneurs et citernes. Convoi démesuré, décor typique, dans une grosse voiture américaine, écoutant une playlist de vieux rock. Même en filmant ce genre de scène, ça ne rend rien, ce sont des choses qui se vivent. Et même si les photos sont belles parfois, je vous assure qu’elle ne rende pas justice, vraiment pas. La route fait définitivement entièrement partie du voyage ❤️ La Californie est une des destinations américaines la plus éloignée de chez nous, avec 6h de vol, l’attente, les transits, et les 3h de décalage horaire, c’est pas le plus simple… et pourtant, je le sais, nous y retournerons. Un état décontracté aux paysages contrastées. Un petit goût de reviens-y ! Et comme dit la State song « I love you California ».


Une réflexion sur “Road trip en Californie

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