S’expatrier avec bébé : préparer la valise et se préparer aux difficultés d’adaptation

Même si on considère souvent que partir avec des adolescents restent le moment le plus critique, partir avec un bébé amène aussi son lot de questionnements et d’organisation ! Après le sujet de la santé et la recherche de la crèche, voici le dernier volet de la saga « s’expatrier avec bébé » avec un post qui concerne deux préparations bien différentes mais toutes les deux bien importantes 🙂

Qu’est ce qu’on met dans la valise ?

Depuis la naissance de votre enfant, vous avez sans doute, comme beaucoup de parents, eu de cesse de chercher les meilleurs produits, les meilleures marques, décortiquer les étiquettes de tout ce que vous achetiez pour éviter toutes les substances indésirables, nocives, allergènes ou cancérigènes, malheureusement bien trop présentes. Petit à petit, vous avez sélectionné ce qui vous semblait être le meilleur pour lui. Bref, vous êtes au top et votre quotidien est plutôt bien huilé ! S’expatrier demande beaucoup de temps et d’énergie donc en arrivant, vous lancer à la recherche de vos nouveaux labels fétiches va être compliqué. Le mieux reste encore de remplir sa valise, en plus ou moins grosses quantités, de quelques essentiels, le temps de s’installer un peu. Mais pour le faire efficacement, encore faut-il savoir ce qu’on trouve (ou pas!) sur place. Voici donc une liste, que j’aurais aimé avoir avant de partir, et utile même juste pour les vacances 😉

Ce qui pose pas ou peu problème :

  • Les couches et lingettes : vous trouvez des couches facilement et partout. Enfin surtout Pampers et Huggies… Quant aux lingettes, perso, je ne suis pas fan mais ça reste hyper pratique quand on est en vadrouille. En France, j’utilisais donc la marque WaterWipers, 99,9% d’eau et 0,1% d’extrait de fruit. Nickel. Et oh, grande surprise, non seulement cette marque est présente ici, mais en plus largement distribuée. Inutile donc de partir avec un stock !
  • Le coton : je me suis rendue dans 9 chaînes différentes de magasins 🤪 (3 parapharmacies et 6 supermarchés). Je n’en ai trouvé qu’au CVS, au prix exorbitant de $3.59 les 50 carrés, alors qu’en France j’achetais des paquets de 200 pour le même prix, et bio en plus ! Mais bon, ça reste acceptable. Astuce, ils font souvent la promo 1 acheté, le 2nd à moitié prix mais le rayon (s’il n’est pas vide) ne dispose souvent que d’un seul produit. Faites comme moi, demandez 25% de réduc à la caisse, je vous assure, ils le font !
  • Le liniment : là, inutile de chercher, ça n’existe pas. J’achète sur Amazon la marque « La petite crème » pour $17 le pot d’environ 250ml. Pour le même prix avant, en achetant le Bio-liniment d’Alphanova, j’avais 2 pots de 500ml. Voilà voilà ! Ce produit contient de la vitamine E, je sais que certains parents refusent d’utiliser du liniment en contenant donc dans ce cas, pour vous, deux choix, acheter une autre marque sur le net, ou faire un gros stock dans la valise.
  • Le sérum Physiologique : un équivalent connu ici est le Simply Saline. Il est à $10 le flacon pour 125ml contre 2€ les 40 pipettes de 5ml physiodose de Gilbert. Au delà du prix, le problème c’est que c’est en spray. Les unidoses n’existent pas ! Si comme moi, vous trouvez que niveau hygiène c’est moyen, là encore, pas le choix, achat sur le net ($22 la boite de Gilbert sur Amazon pour info) ou stock dans la valise (à privilégier à mon sens).
  • AUTRES PRODUITS A PRENDRE : si vous avez comme moi un bébé à la peau atopique, très fragile, qui réagit très vite et que vous avez réussi à trouver un gel lavant adapté, je vous conseille de l’apporter en quantité suffisante avec vous. Au final, on en utilise très peu (mon Avene Pédiatril dure 6 mois !!) donc pas besoin de beaucoup de bouteilles, ça ne prend pas beaucoup de place dans la valise et ça évite de trouver une nouveau produit et potentiellement un pédiatre en urgence pour une poussée allergique ou autre 😕 Pareil pour le classique et indétronable Bépanthème pour l’érythème fessier. Un tube peut tranquillement faire une année, donc là il y a pas trop de question à se poser…!

Le vrai « problème » : le LAIT

Il faut savoir qu’ici, à partir d’1 an, fini le lait maternisé en poudre. Les bébés switchent sur le lait de vache. Si votre enfant à plus d’un an et que, comme la plupart des français, vous souhaitez continuer le lait maternisé, ce point est important ! Et si votre enfant a moins d’un an, vous n’êtes tout de même pas en reste sur le sujet. Je m’explique. Notre fils avait 20 mois à notre départ. Comme raconté sur un autre post, quand nous sommes arrivés, notre Crapouille a eu la varicelle. Il était épuisé par la maladie, et les restes du jet lag aussi sûrement… Du coup il a mangé pas mal liquide (compotes et biberons), ce qui a sérieusement contribué à attaquer ma (toute petite) réserve de lait… Un jour, vraiment en rade et dans l’attente de la réception d’une commande passée sur internet, nous tentons le lait de vache, qu’il refuse catégoriquement.

Nous nous rendons donc dans un magasin pour acheter du lait maternisé pour nouveau né histoire de dépanner 2/3 jours. On lit les listes d’ingrédients, souvent interminables et incompréhensibles, ce qui est rarement bon signe, et on retrouve souvent quelque chose qui nous dérange beaucoup : du corn syrup, du fructose ou autre sucrose. Les petits américains sont donc bercés au sucre dès la naissance, tout un programme ! Bref, on a choisi le moins pire et on a attendu avec impatience l’arrivée de notre bon vieux lait européen. Pas parfait, certes, mais plus sain, sans nul doute.

Vous trouverez très facilement sur internet des sites proposant des laits maternisés européens, généralement HIPPS et HOLLE, d’importation anglaise, allemande, ou hollandaise. Exit le pot de Nestlé Nidal à 9€, bonjour le pot Hipps importé à $37. Ça parait cher mais sachez que c’est a peu près le prix des pots de lait maternisé américains « de qualité » pour nourrissons en parapharmacie. Vu le prix, si, comme moi, votre enfant en consomme énormément et refuse le lait de vache ; ou alors que vous avez un tout petit à qui vous ne voulez pas donner du lait maternisé américain, il y a là une vraie réflexion en amont à avoir. Pour bien se rendre compte, je pense qu’au bout d’un an, j’en serais à environ $1500 de lait… Ça fait réfléchir ! Donc pourquoi pas rajouter une petite valise en soute en supplément exprès ? Ou si vous avez de la visite régulièrement, demander à vous en rapporter ? Les solutions ne manquent pas, encore faut-il avoir vent du sujet en amont, c’est chose faite 😊

En plus de tout ces consommables, vous allez bien sûr emporter dans la valise des vêtements et des jouets. Normal quoi. Vous savez comme les bébés grandissent et évoluent vite, très très vite. A mon sens, inutile donc de rapporter sa garde robe et sa salle de jeux… autant racheter sur place au fur et à mesure de l’évolution du petit !

Se préparer aux difficultés de l’adaptation

D’après une étude faites auprès de parents expatriés, 98% d’entre eux estiment que leurs enfants ont parfaitement réussi à s’intégrer. Il nous faut encore un peu de temps et de recul mais nous espérons que nous ferons partie de cette immense majorité, car même si notre enfant ne fait pas partie des 3 âges « officiellement » sensibles pour s’expatrier (7 – 13 – 18), il n’empêche que les débuts n’ont pas été si faciles… Et nous n’y étions pas vraiment préparés. C’est vrai qu’en entendant perpétuellement les gens, certes bienveillants mais sans expérience d’expatriation nous dire que tout va bien se passer parce que « les enfants, ils s’adaptent en un claquement de doigts », on avait, presque naïvement, pas vraiment réalisé que ça pouvait se passer autrement.

Pour que notre petit s’intègre au mieux et au plus vite à son nouvel environnement, notre stratégie a donc été de le mettre en collectivité. Le fonctionnement et la recherche d’une crèche a d’ailleurs fait l’objet du précédent article. Nous l’avons donc inscrit et il a commencé le 3 septembre pour un rythme tranquille de 2 jours par semaines, les mardis et les jeudis. Très vite, au bout de 4 semaines, on passera à 3 jours consécutifs, du mardi au jeudi, dans l’espoir d’une progression plus rapide. Je dirais bien que les premiers jours ont été difficiles mais la réalité c’est que ce sont les premiers mois qui l’ont été. Rien d’insurmontable, hein, évidemment, mais quand les difficultés perdurent dans le temps, on finit forcément par s’inquiéter.

Que les premiers temps soient compliqués, je le concevais aisément en me mettant deux secondes à sa place : je suis tout petit et très timide, on me retire de votre environnement familier, je reste exclusivement avec Maman pendant 3 mois et demi (de la fin de la nounou en France jusqu’à la crèche aux USA) et puis un matin, elle m’emmène dans une pièce remplie de personnes que je ne connais pas et dont tout ce qui sort de leur bouche m’est incompréhensible, lorsque j’essaie de communiquer, personne ne me comprend et là, Maman s’en va, me laissant tout seul. Le choc est plutôt facile a concevoir… Et non, les crèches ici ne font pas de période d’adaptation comme en France, ça aurait pourtant été bien utile !!

Le premier jour, lorsque je suis allée le chercher, assez tôt pour commencer doucement, il m’a demandé tout de suite de l’eau et il a bu, bu, bu, comme un touriste qui se serait perdu dans le désert et qu’on aurait retrouvé après des heures d’errance 😅 C’était hallucinant 😮 La journée de crèche suivante, visiblement traumatisé par sa première expérience là-bas, bébé hurle comme jamais quand on arrive. Et me voilà essayant de gérer bébé et expliquer avec mon anglais plus qu’approximatif le problème. Je lui laisse sa cup pour qu’il puisse avoir accès quand il le souhaite à de l’eau. Le soir, rebelote. Sa cup est pleine et hors de sa portée, et quand j’arrive, il se jette sur l’eau, limite à s’en faire vomir. La journée suivante, je ré-explique, à une autre personne (parce que ça tourne donc je n’ai pas les mêmes interlocutrices), et le soir ça recommence. Frustration, colère… et là je ne parle que de mes propres émotions 🤬🤭 !!! Bon finalement, un soir, au miracle, une des filles me dit que tout le temps il dit « lololololo », ça veut dire quoi ? Ben comme je l’ai expliqué à (à peu près) toute la crèche, ça veut dire « l’eau », « water ». Il a soif.

Bon petit à petit, les transmissions d’informations entre les filles se passent, ça commence tout doucement à aller mieux. Mon fils ne se déshydratera finalement pas, ouf !! Blague à part, ce n’est qu’un exemple mais c’est assez marquant et parlant pour comprendre les problèmes de communication dus à la barrière de la langue et les émotions associées que l’enfant peut subir… Sur tout ça, il a (encore) eu pas mal de changements : il a commencé dans une classe puis passera quasiment tout de suite à une classe de transition vers la classe supérieure puis à la classe supérieure, avec à chaque fois son lot de changement d’intervenantes. Les débuts ? Je pourrais vous en parler des heures tellement ça a été le bordel, surtout que les compte-rendus le soir quand tu pipes rien à ce qu’on te dit, c’est sport, et ça n’aide pas à les aiguiller pour trouver des solutions. Bref, super compliqué. Pour tout le monde, m’enfin surtout pour lui.

Mais dans cette nouvelle classe supérieure, Andrea va rencontrer une nouvelle intervenante, Miss Kayleen. Une jeune femme, cheveux rose, anneau de vache au nez, très créative, un peu l’âme d’artiste, souriante et bien décidée à aider ce petit français à s’intégrer ! Elle va prendre le sujet à bras le corps, beaucoup lui parler, passer du temps privilégié avec lui, tenter la langue des signes (qu’on pratiquait en France mais qu’on avait arrêté) pour faire la transition français/anglais, le rassurer, le câliner, et l’encourager. Andrea va très vite l’adopter et se prendre d’affection pour elle 💖 Mais malgré tous ses efforts, chaque soir c’est le même discours : la journée a été très difficile. Pleurs, pas d’interactions avec les autres enfants, isolement, participations parfois difficiles aux activités, ect… 😭😩

A plusieurs reprises, les intervenantes nous demande si Andrea sait parler. A son âge, euh il fait pas de grands discours m’enfin il parle, même si c’est dans un langage pas vraiment abouti !! La première fois, on nous le demande avec sourire et légèreté, puis une seconde fois avec un peu plus d’insistance… et une troisième fois avec tellement de sérieux qu’on comprend qu’ils pensent qu’il y a un vrai problème. En effet, après les quelques premiers jours où le son « lolololo » est sorti, jamais il n’a parlé, sorti le moindre son, ni même ne serait-ce qu’ouvert la bouche. Il reste dans le silence le plus total et absolu 🤐🙊 Pourtant, quand il est avec nous, et ce dès qu’on le pose dans la voiture le soir, il crache un débit de parole digne d’un grand contestataire éméché à la fin d’un repas de famille qu’on aurait lancé sur un sujet politique 🤣

Les semaines, et les mois passent, et les journées sont toujours difficiles et ce mutisme commence à les inquiéter. Du coup, ben nous aussi ! Nous avions même pensé qu’il faisait ce que l’on appelle du mutisme sélectif extra-familiale. C’est un trouble anxieux empêchant l’enfant de parler dans un environnement autre que le cercle familial. Après s’être renseigné, nous apprenons que les enfants de migrants sont extrêmement touchés par ce trouble à cause de la différence de langue et pensons donc par extension qu’il est plausible et logique qu’il puisse en être de même pour les enfants expatriés. Nous décidons de patienter encore de voir comment ça va tourner.

Et puis ohhh miracle, un beau jour, 5 mois et demi après son entrée à la crèche (et 8 mois après notre arrivée), nous allons le chercher et on s’entend dire avec des yeux de satisfaction et de joie immense de Miss Kayleen : il a ouvert la bouche !!! Il a dit un mot !!! 🥳🥳 Bon ok, il a juste dit « yeah », mais il a aussi rigolé et échangé avec un autre enfant, ce qui n’arrivait jamais avant. Un déblocage avait eu lieu. Comme ça, du jour au lendemain, sans aucune explication. Et là, ça a été très rapide. Nous sommes le 12 février. En seulement 4 semaines, il a développé un énorme vocabulaire en anglais, il s’amuse à compter, faire son alphabet, il joue avec les autres enfants, participe joyeusement aux activités. Un incroyable et inattendu changement s’est opéré. Comme par magie. Nous sommes soulagés !

Ces 4 semaines nous emmènent au 12 mars : premier jour du lockdown ici à cause du COVID-19. La crèche ferme ses portes. Attendre si longtemps que la situation évolue pour qu’il soit comme ça coupé dans son élan, pas de bol…! Le gouverneur de Pennsylvanie a très rapidement déclaré que les écoles ne rouvriraient pas avant la rentrée. Pour les crèches, il semblerait que la situation puisse être différente. Sans certitude. Nous le savons tous, dans la situation où nous sommes, chaque jour apporte son lot de changements politiques et stratégiques pour faire face à la pandémie. Nous espérons donc juste qu’après cette coupure de longue durée nous ne ferons pas machine arrière et qu’il va rester dans cette dynamique d’ouverture. Et qu’à sa « rentrée », Miss Kayleen sera toujours là pour l’y aider ☀️

Nous avons conscience que plusieurs semaines ou mois de confinement sans aucun contact avec autrui ni avec l’anglais peut mettre à mal tous ses efforts. Impossible de voir d’autres enfants bien sûr mais pour la partie langue, nous essayons d’entretenir un peu en continuant à lui lire des livres en anglais et en le laissant regarder un dessin animé également en anglais. A la base, nous sommes anti-télé pour les touts-petits, ceux qui nous connaissent bien savent comme nous étions attaché à ce principe. Mais il faut savoir s’adapter (puisque c’est le sujet!) 😉 C’est un bon moyen de garder un lien avec la langue et je conseille d’ailleurs beaucoup la mini-série que nous avons sélectionné, vraiment très sympa, sans clichés ni stéréotypes, et de très courte durée, top ! Il s’agit de Bluey, ça passe en France sur Disney Junior pour info 😁

Au final, certains trouveront sûrement qu’il s’est intégré très vite. C’est vrai qu’on avait peut-être trop fait le parallèle avec les enfants de familles linguistiquement mixtes pour qui l’apprentissage des langues est parfaitement naturelle, sauf que là évidemment c’est une tout autre situation… Certains, avec une expérience différente, trouveront que c’est vrai que ça a été très très long pour arriver à ce déblocage comportemental. Finalement, chacun a sa propre échelle de temps. Et justement, c’est là où je voulais en venir, laissez en à vos enfants, du temps. Autant que de besoin… La patience et la bienveillance, ça ne résout pas tout mais ça y contribue fortement 😇


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