Nommée ainsi en l’honneur du roi Louis XIV, la Louisiane, ses bayous, ses plantations, ses prêtresses vaudou mais aussi et surtout son jazz, dont il est le berceau, avait toujours attiré Monsieur, très grand fan de cette musique. Usuellement quand on visite un État, on essaie d’en faire plus ou moins le tour en Road Trip. Ici, on ne s’est focalisé que sur le Sud, le reste n’ayant que peu d’attrait pour nous. Thanksgiving 2022, nous voilà donc dans l’avion. Une hôtesse avait un super chapeau en forme de dinde marqué « let’s get stuffed » ! J’adore, ils sont funs ces ricains quand meme !

Petit point géographie !
LA NOUVELLE ORLEANS (NOLA pour les intimes)


* Garden District
On débarque le jour même de Thanksgiving. Autant les dimanches et jours fériés sont des journées comme les autres, autant il y a 2 jours aux USA où le temps s’arrête : Noël et… aujourd’hui ! Nos possibilités de visites étant donc restreintes, nous allons dans ce quartier puisqu’en extérieur. J’avais téléchargé un auto-guide mais juste déambuler est amplement suffisant. Première approche de la ville bien agréable.
On enchainera avec le seul établissement ouvert 24/24 toute l’année : Café du Monde et ses fameux beignets, frits à la commande. C’était très bon… une fois retiré le bon centimètre de sucre 😮

* Blaine Kern’s Mardi Gras World
Mardi Gras étant une institution à NOLA, visiter un entrepôt où sont fabriqués et stockés les chars semblait une évidence. On avait acheté nos billets en 2020 pour un voyage qu’on avait annulé cause Covid, et nickel, ils étaient toujours valables. La visite commence par un petit film suivi d’une part de gâteau, sorte de galette des rois colorée (et horriblement sucré) dans lequel la fève est un petit bébé en plastique. Le tour du hangar est libre. L’atelier est un vrai capharnaüm. La plupart des chars sont des années précédentes, juste pour l’expo, mais certaines pièces venaient d’être terminées pour la parade 2023. C’était fun !
Je garde un bon souvenir de l’expérience, exception faite de la navette. A l’aller, le mec n’est pas venu alors que j’avais appelé. On a dû attendre une autre tournée, plus de 30min… On a bien eu le temps de profiter de l’architecture de là où était l’arrêt.



Et au retour, ce bien désagréable Monsieur ne nous a pas déposé où on avait demandé. Évidemment, on s’en est rendu compte qu’après. On ne connait pas encore la ville… On a dû marcher des km pour aller au bon spot. Quand on se coltine une sciatique, c’est le genre de chose qui peut vite gâcher la journée. Si j’avais su, je me serais abstenu de lui laisser un billet ou encore mieux, j’aurais pris ma voiture.
* French Quarter
On avait prévu de le faire en long, en large, et en travers, et ça a finalement été le regret de notre voyage… Trop de temps dans ce carré à touristes et on en a donc manqué pour d’autres quartiers qui auraient mérité qu’on s’y attarde plus. Le French Quarter est quand même à faire. Il y a de beaux bâtiments, les balcons en fer forgé faisant tout le charme.
Mais voilà, il règne quand même ici une atmosphère bien particulière, que je suis ravie d’avoir pu expérimenter mais qui n’est juste pas pour moi. Après avoir visité 20 États, c’est l’endroit le moins kids friendly où j’ai jamais été. On a galéré à trouver un endroit où on avait juste le droit de rentrer avec le petit pour se poser, boire une bière… faire une pause quoi ! On a fini au Musical Legend Park, où les enfants étaient autorisés.

Et franchement, même si j’étais venu sans enfant, à 20 ans, juste pour me bourrer la gueule, je ne suis pas sûre que ça m’aurait plu davantage. Trop de trop : punks à chiens, déchets bourrés (à ce stade, j’appelle même plus ça des gens), des psychés qui ont l’air perchés, beaucoup de sans-abris (ça fait mal au cœur), et j’en passe… On a même croisé un mec qui s’est mis à hurler en regardant le ciel et le trottoir.
La plupart sont évidemment inoffensifs, comme le gars bizarre qui est venu taper la causette à notre fils, lui faire un high five et nous a ensuite demander de bien prendre soin de son « bro » 😅 Improbable. Cette ambiance ne met pas vraiment à l’aise, d’autant qu’il faisait nuit à 5h et y’a quasi pas de lumière.
Et les types aux feux rouges qui veulent laver ton pare-brise n’ont qu’à bien se tenir, la relève de l’emmerdement n’est pas loin : ici les gars se baissent pour complimenter tes belles chaussures, versent de la cire dessus, frottent… et du coup te voilà avec de liquide sur du tissu (on est la génération baskets!) et un relou qui va te suivre pour que tu le paies. Personne ne s’y est tenté avec nous, je peux vous dire que quand je lance mon regard de « t’approche pas mec », j’ai pas l’air commode 🫣 Bref, ici ? Très peu pour moi.
* Voodoo Museum
On est pas hyper dans le vaudou, mais bon, on s’est dit, pourquoi pas. C’était littéralement 2 minuscules pièces d’un bric-à-brac sans nom. Peut-être que quand t’es fan, c’est génial mais pour nous c’était une visite inutile. Remarque non, j’en ai profité pour acheter de superbes boucles d’oreilles à la boutique. Presque inutile donc 😆


Après, il est tout à fait possible de rentrer dans l’univers Vaudou juste en allant dans un des magasins spécialisés de la ville.


* Preservation Hall
Mythique. Une salle minuscule au plus près des musiciens. 45min de concert, pas de téléphone, pas de bar. Juste de la musique. Un moment hors du temps.


On avait marché toute la journée, presque 20km. Autant dire qu’avec ses petites pattes de 5 ans, Andrea était HS. Il s’est assis sur le sol, adossé au mur et la tête contre la jambe de son père, il s’est réveillé à la fin du concert. La musique ne l’a pas perturbé, si ça c’est pas une preuve de la qualité acoustique de la salle 🤭
* Pharmacy Museum
Un musée atypique dans la maison du tout premier pharmacien ayant reçu le droit de pratiquer aux USA. Petit mais regorge de trésors. Curieux et éducationnel, on y trouve toute sorte d’équipements et de médicaments d’antan : instruments en tout genre, potions vaudou, maquillage ancien. Le tout est à la fois fascinant et terrifiant. On a adoré 👌 La médecine a encore besoin d’évoluer mais après avoir vu ça on est bien content de ne pas avoir été malade à cette époque !!!
* Faubourg Marigny
Gros coup de cœur pour ce quartier que j’aurais voulu avoir le temps d’explorer un peu plus. Toutes ces maisons colorées, un vrai bonheur ! La rue la plus connue c’est Frenchmen street mais on a déambulé et on a fini dans un petit resto de locaux dans une rue éloignée. Une vraie oasis de calme au pied du French Quarter.
* WWII Museum
Probablement le musée le plus connu de NOLA. A l’entrée, un vétéran est là pour répondre aux questions. Perso, je trouve que les récits de guerre à lire c’est déjà assez intense, j’ai pas spécialement besoin de les entendre… mais le concept d’échange est quand même génial. Le musée dans son ensemble est très visuel, bien aménagé et super intéressant.
D’ailleurs, vous savez ce qui est intéressant avec l’Histoire ? C’est qu’elle est plurielle. Et non, l’histoire n’est pas objective… elle est culturelle. La seconde guerre mondiale, on l’a étudiée à l’école. Encore et encore. On la connait. Ou plutôt, on croit la connaitre. Car on ne la connait que de notre point de vue 🤔 Ici le musée est exclusivement porté autour de la vision américaine, ce qui est parfois un peu dommage mais qui globalement donne une approche complètement nouvelle des événements. J’y ai appris par exemple qu’après l’attaque de Pearl Harbor, les Américains ont délogé de force la population d’origine japonaise pour les mettre dans des camps surveillés. Alors qu’ils étaient américains …
Mon dos me faisant défaut, nous n’avons pas pu faire l’intégralité du musée. En même temps, il est tellement grand qu’on ne peut de toute façon que le survoler en une seule visite. Si d’aventure, je reviens à NOLA, j’ai prévu d’y retourner et d’y prendre mon temps. Un super musée !
* Street Car
Une attraction en soit : la plus ancienne ligne de chemin de fer des US encore en service. Tellement vieux que parfois le chauffeur doit sortir pour changer manuellement la direction des rails ! Une fois, on nous a même demandé si on allait tout droit ou à gauche pour savoir si elle devait les bouger ou non. Heureusement ce n’était pas notre premier jour, on savait où on allait 🙃 Les voitures sont authentiques, belles à l’extérieur et rustiques à l’intérieur. Un petit tour s’impose.

* Restaurants concerts
Etant illégal de rentrer dans les bars avec le petit pour écouter du jazz, on a essayé de se faire des resto avec concert !
-Palm Court
Les plats étaient basiques et plutôt chers. La serveuse nous a facturé 20% en pourboire (ici vraiment trop pour la médiocrité du service) et pas que sur ce qu’on a consommé… aussi sur le prix payé en supplément pour le concert. Même si ça changeait pas grand chose, j’ai trouvé ça très incorrect. Elle sert la nourriture, pas la musique en fait 😡 Plus de $250 de note finale. Ca les valait pas du tout. J’étais tellement énervée que la serveuse est allée voir Seb pendant que j’étais aux toilettes voir si ça allait. Comme toujours il a temporisé…
Mais bon, à la base, on y était plus pour la musique que pour la nourriture et de ce côté-là, nous n’avons pas été déçus. Le concert était top. Si vous avez l’occasion, allez-y pour la musique, mais juste autour d’un verre plutôt que d’un repas. La patronne est un vrai personnage. Très âgée, elle a quand même fait quelques pas de danses avec Andrea et on a eu un câlin en partant. Elle vit son truc. C’est le genre de personne qui mourra dans son établissement. La musique, on le voit, est sa passion, et cet endroit, sa maison.

-Court of Two Sisters
J’ai profité d’être en Louisiane pour tester des plats qu’on ne trouve pas habituellement aux USA comme la peau de cochon frite ou le poboys. Les deux étant plus que dispensables. En revanche, dans ce restaurant, on a des spécialités qui elles, valent le coup ! Leur buffet était super, j’ai pu tester entre autres, le Gumbo et la soupe de tortue. Le cadre extérieur est magnifique, le service est nickel, le concert était audible mais pas fort, comme en bruit de fond, ce qui permet de parler pendant le repas tout en profitant de musiciens de talent, top.


Il faut quand même le dire parce que ça nous a sauté aux yeux et un peu marqué : ici les noirs servent les blancs. Tous les serveurs sont noirs et toute la clientèle est huppée blanche 🫤 Et parfois avec une attitude. Passé l’étonnement et l’étrangeté de cette sensation de clivage, on ne peut que conseiller cet endroit qui est une super adresse !
LA ROUTE DES PLANTATIONS
On voulait visiter deux plantations de cannes à sucre différentes. On a choisi Oak Alley et Whitney.
* Oak Alley Plantation
J’ai beaucoup hésité à la visiter. Elle est iconique mais globalement nous avions eu de mauvais retours : très touristique, tournée sur les maîtres et pas authentique. Bon, on l’a fait quand même. Et, maintenant, en toute connaissance de cause… je partage cet avis ! C’était certes instructif (surtout la partie esclaves et fabrication du sucre), notre guide pour l’intérieur de la maison était génial et il va sans dire que l’allée de chênes était à couper le souffle, mais le tout resté un peu lisse, fade, impersonnel. Très propret. Trop propret.
Tout est un peu centré sur les chênes. D’ailleurs quand on faisait la visite de la maison (photo interdite), on arrive à l’étage et on a droit à un truc genre « mesdames et messieurs, la vue que vous attendiez tous……….. voici (il ouvre les volets de façon théâtrale)……………. les chênes. Et là, tout le monde fait « wooooooow ». Bon ok c’est vrai la vue est plus sympa d’en haut mais les mecs arrêtez, vous les aviez déjà vu en bas 🤣 Too much, vraiment. En plus, l’allée, on peut la voir de l’extérieur de la plantation, pas besoin de payer. Une première approche des plantations à demi-teinte donc.

* Whitney Plantation
J’annonce direct, celle-là, piouuuu, émotionnellement, faut s’accrocher. Toutes les plantations parlent des esclaves, c’est une évidence, mais celle-ci est la seule qui raconte l’histoire de leur point de vue. Nuance importante.
Ça commence au visitor center où vous donne une carte avec un extrait d’interview d’un esclave puis on découvre une expo très intéressante, bien pensé et poignante sur l’histoire de l’esclavage. Je suis déjà bouleversée, ça commence 😢
L’extérieur est en audio guide. Tout compris, il faut bien compter 2h. Je n’ai pas vu le temps passer. Le travail des esclaves, l’asservissement, l’après abolition, … Je suis captivée.
Je pensais être déjà achevée et me voilà devant un mémorial sur la tentative de rébellion, et sur comment ils ont fini. Un panneau demande le silence. En même temps, y’a pas vraiment de mot… Dès qu’on met des prénoms sur des histoires vagues, elles deviennent tout de suite bien réelles.

Et quand je crois que ça peut pas être pire, je me retrouve devant le mémorial pour les 2200 enfants morts dans la paroisse (c’est comme ça qu’ils appellent les comtés ici – j’ai mis du temps à comprendre c’était très confusant au début) en seulement 40 ans à cause des conditions de vie. La partie consacrée aux enfants a clairement été la pire pour moi. En tant qu’être humain, c’est déjà horrible, mais en tant que mère, la projection est juste intenable 💔 Je m’en remet pas. Et toutes les explications sur les mères qui vivaient tout ça et continuer sans broncher à servir leurs maîtres et se faire violer, histoire d’avoir d’autres enfants. J’ai fini les larmes aux yeux c’était très intense.

La visite se termine dans une Église, je m’y suis installée quelques minutes pour me recentrer. C’était pour sûr très intéressant historiquement et surtout très fort en émotions. Mon mari n’a pas pu profiter du site car le petit n’avait clairement pas envie d’être là, il s’est donc occupé de lui pour que je m’implique à fond dans cette visite qui me tenait à cœur. En même temps, tant mieux, car il m’aurait été difficile d’expliquer tout ça à un enfant de 5 ans, même avec des mots adaptés. Du coup, c’était tout aussi bien comme ça…

Donc voilà, si vous avez le cœur bien accroché et que vous voulez en apprendre sur ces temps pas si lointain où les hommes possédaient des hommes, arrêtez-vous ici… Pensive, je reprends le volant, direction Lafayette. A la base, j’avais pensé m’arrêter à la Capitale, Bâton Rouge, mais avec la météo capricieuse et tout le monde fatigué, on a fait un direct à l’hôtel. Sur le trajet on est tombé sur ce panneau, c’est con, j’ai ri, mais en même temps un peu de légèreté après cette journée, c’était pas de refus !

LAFAYETTE
Lafayette est au cœur du pays cajun. Cajun, ainsi que Cadien, sont des mots qu’on entend souvent quand il est question de la Louisiane. Quesaco ?! C’est le moment d’une petite parenthèse culture 😉 En gros, la première colonie française en Amérique du Nord se nommée Acadie. Ils étaient donc des Acadiens. Chassés par les Anglais, ils se réfugient dans les bayous en Louisiane. Au fil du temps, Acadien est devenu Cadien. Ce sont donc les francophones ancestraux de Louisiane. Cajun est juste la version américaine du mot Cadien. Voilà, vous savez tout !
* Avery Island
Lafayette est idéal pour faire une excursion dans les marais, ce qui était l’objectif de cette étape. Mais la météo entre orage et pluie diluvienne ne nous a pas permis de faire le tour comme prévu et il a fallu trouver d’autres activités à faire en intérieur, ou en voiture. Nous voilà donc à Avery Island, l’île d’origine de la sauce Tabasco, où elle est d’ailleurs toujours produite. En s’y rendant, on fera un petit détour pour passer dans le downtown de New Iberia, ça va qu’on avait que ça à faire…


-Usine Tabasco
Même si quelques spots sont à l’abri, il faut marcher entre les points de visite… Véridique : j’ai enlevé mes chaussettes parce que j’en pouvais plus : en les tordant, y avait tellement d’eau que c’était comme en mode essorage manuel. Mes chaussures c’était une marre, d’ailleurs ça les a bousillé, je ne les ai plus jamais remises 😬 Bon sinon, la visite en elle-même, rien de fou mais ce n’était pas trop mal. On est évidemment reparti avec un énorme coffret de tabasco. Ça fait presque 4 mois qu’on est revenu, c’est sur la table tous les jours, y’a pas encore une bouteille de fini. Je crois qu’on en a trop pris 😂
On a déjeuné sur place car on voulait aller au bout de l’expérience Tabasco. Peu de choix, mais plats tous corrects et bon marché. Ça payait pas de mine mais on y a mangé une Pecan Pie à tomber. La meilleure qu’on ait jamais mangé aux US. Comme quoi !
-Jungle Garden
Sur place, il y a une réserve ornithologique, qui peut se faire à pied ou en voiture. Évidemment on a pris l’option voiture ! On a croisé un alligator et quelques oiseaux. Le tour est plutôt vite fait même si on a roulé très doucement et fait plusieurs arrêts. Honnêtement, pas hyper intéressant même s’il y’a toujours ces arbres sublimes.
* Downtown
Le soir, on décide de passer quand même dans le centre-ville. Rarement vu un downtown si peu animé, surtout pour un samedi soir. Vide… presque glauque. Heureusement, on est passé devant une église sublime, du coup on s’est pas bougé pour rien 🙂 Et à quelques minutes en voiture, il y a un super resto qu’on a adoré : le Bon Temps Grill. Nourriture cajun, mais pas que, cadre et service sympas. Une bonne adresse.


* Vermillionville
Le lendemain, le soleil était enfin là. On devait donc tout caler le même jour puisqu’il fallait être de retour à NOLA pour la nuit. On commence par le village historique de Vermillionville, qui était le nom d’origine de Lafayette. C’était passionnant, gros coup de cœur pour cette visite ! On a appris plein de choses, notamment grâce au personnel sur place, en costume d’époque, et pour certains parlant français. Un monsieur a même joué Frère Jaques à l’accordéon pour Andrea et lui a ensuite laissé l’instrument pour qu’il l’essai le temps qu’il nous donne des anecdotes sur les bâtisses. Comme toujours, les Américains savent rendre les visites interactives, fun et attractives pour toute la famille !
A partir du début 1900 il est interdit d’utiliser le français à l’école, puis un peu plus tard, la Constitution de l’État ira plus loin en n’autorisant que la langue anglaise… mais le français n’a jamais vraiment disparu. Les anciens l’utilisaient encore, mais ne l’ont pas transmis à leurs enfants. Plusieurs personnes nous ont dit que leur parents ou grands-parents parlaient français entre eux pour ne pas que les enfants comprennent ce qui se passait… Nous c’est l’opposé ! On fait tout pour le petit garde le français et on se fait un point d’honneur à ce qu’il comprenne 😄
Il y a maintenant un nouvel engouement des jeunes pour leurs origines. Le français revient tout doucement à la mode. Environ 2% de la population parlerait français à la maison (toutes formes confondus), et plusieurs école publiques (donc gratuites !) proposent des programmes 100% en français.
Nous y sommes restés seulement une heure mais nous avons presque pu rapidement faire le tour complet. C’était quand même très très frustrant car c’était prenant et on aurait aimé y passer plus de temps, mais bon, on avait pu reprogrammer l’excursion en bateau donc, ben, fallait y aller !!
* Swamp Tour
Enfin, nous y voilà. Le tant attendu swamp tour sur le lac Martin, une réserve naturelle dans les bayous de Louisiane. Un bayou est une étendue d’eau formée par les bras et méandres du Mississipi. Avec ses eaux peu profondes et une végétation importante, les bayous forment un réseau navigable de milliers de km sur tout le sud de la Louisiane. Souvent caractérisé par la présence de cyprès chauve, l’arbre officiel de l’État, c’est l’endroit idéal pour observer les alligators 🐊
On a fait notre tour avec Wendy Thibodeaux. Certains nourrissent les alligators pour qu’ils s’approchent du bateau, parfois même avec des marshmallows. Je trouve ça personnellement scandaleux. Alors, si vous voulez faire du tourisme éco-responsable, pas de problème avec Wendy, elle ne les nourrit pas. Et avec un bateau de seulement 5 places, c’est presque un tour privé ! Attention, Wendy est « du cru » : fort accent du Sud et pas du genre mielleuse à l’américaine 😉
On a vu beaucoup d’oiseaux, des baraques pour chasser le canard, de magnifiques arbres et bien sûr, des alligators. De toutes les tailles. Je pense qu’on a atteint tranquillement la quinzaine. Un régal ! Quand c’est utile, elle nous prête ses jumelles, notamment pour les oiseaux, mais globalement on est quand même près on voit très bien.
Wendy nous avait prévenu qu’il ne fallait pas compter sur le GPS pour trouver le point d’embarquement. On avait regardé en amont mais on s’est perdu quand même pour y aller 😱 On a failli louper le départ, on est arrivé à la dernière minute, Ouf ! Le temps d’aller derrière un arbre pour faire ses besoins (il n’y a aucune infrastructure là-bas), et c’est parti. Perso je suis à l’aise en extérieur mais la jeune demoiselle qui faisait le tour avec nous, un peu prout prout, qui avait très envie mais pour qui il n’était pas question d’aller dans les bois a dû trouver le temps long… 😅 Si vous êtes pareil, il faut anticiper !
* Crawfishtown

Sur le trajet du retour pour aller à NOLA, on s’arrête dans ce resto. Tout le séjour, j’ai tenté de manger des écrevisses (Crawfish). Et comme c’était pas la saison, soit les restaurants n’en avait pas, soit en quantité limitée et on arrivait jamais à temps 🥲 Là je me suis dit, un resto qui s’appelle « Crawfish Town », je vais bien y arriver. Et ben non, toujours pas ! Ceci dit, lors de notre séjour en Floride, j’ai regretté de ne pas avoir eu l’occasion de manger de l’alligator, là du coup j’en ai profité pour en prendre, frit avec une sauce au beurre de cacahouète, une tuerie. Pas de regret !!!



A l’extérieur du bâtiment, on voit un « Drive Tru Daiquiri ». Les Drive Tru c’est ce que les Français appellent des Drive In. On s’étonne. On se renseigne donc. On apprend que ce sont des commerces assez répandus en Louisiane. Comme la plupart des États, il est interdit d’avoir un contenant ouvert avec de l’alcool liquide dans sa voiture. En Louisiane, ce n’est plus un problème, ils contournent la loi en vendant des frozen daiquiris, c’est parfaitement légal car glacé 🧊 On hallucine !!!! Cet Etat est vraiment centré alcool.

En revanche, si y’a bien un truc qu’on voit dans tous les Etats, c’est les pubs pour Jésus 😂

Après nos minuscules 700km, nous voilà de retour à NOLA. La dernière soirée se passera dans un food court où la femme de ménage a eu la gentillesse de donner des craies au petit pour qu’il s’amuse pendant qu’on mangeait.

Le séjour se termine, nous sommes comme toujours un peu nostalgique. Je me remémore la citation qu’on avait vu plus tôt dans la semaine en attendant le street car :

Et au petit matin, ça sera un bon coup de stress… on se rend au parking récupérer notre voiture pour aller à l’aéroport. Merde, un sabot. On avait fait une erreur en déclarant la plaque d’immat au moment de payer, il a donc été considéré que nous n’avions pas le droit de garer ce véhicule. La voiture étant immobilisée, le temps d’appeler, que le dépanneur arrive, qu’on paie et qu’on parte, j’étais bien tendu de peur de louper l’avion. On arrivera finalement juste à temps mais la devise de NOLA « laissez le bon temps couler » (devise en français !) en avait quand même pris un coup !! En passant la sécurité, je vois une affiche qui m’interpelle :

Ils rappellent que les armes sont interdites et affichent celles confisquées en 2022 : 79 au jour où nous sommes passés. Je suis scotché ! Et Monsieur me dit « imagine toutes celles qui sont passées… ». Pas très rassurant mais lucide. Bienvenu aux USA 🔫 L’avion aura finalement du retard, on aura donc même le temps de faire les boutiques pour les souvenirs. Comme souvent, T-Shirt pour les grands, peluche (alligator) pour le petit. Et, nous y sommes, c’est le moment de rentrer… en attendant les prochaines aventures en Californie dans un peu moins d’un mois 🛫🧡






























































































Une réflexion sur “Sud de la Louisiane”