Road trip nord Arizona

En Arizona en 2021, nous n’avions pas pu faire la partie Nord dû à la pandémie. Enfin, nous prenons notre revanche ! On atterrira et repartira de Las Vegas, j’en parle ICI. Ce RT a une symbolique toute particulière : c’est notre dernier avant de quitter le pays. En plus, pour la première fois, nous avions quelqu’un avec qui partager notre amour de l’Ouest : ma nièce de passage aux US nous a suivi dans cette toute dernière aventure. 

Petit point géographie :

 

SAND CAVE

Nous devions nous arrêter à Red Hollow, un petit slot canyon, mais on a abandonné à cause de la pluie, même fine, pour plus de sécurité. Les slots canyons peuvent être très dangereux avec une météo défavorable…

Nous irons donc directement au point suivant, Sand Cave, une balade modérée de 2km AR qui nécessite de grimper sur des rochers. Avec la pluie, les rochers étaient super glissants… Un peu stressant avec le petit donc on a fini pas mal de fois à genoux ou sur les fesses. Et on était pas les seuls ! Ce premier crapahutage était super fun et le site, plutôt sympa.

LITTLE HOLLYWOOD

Un trading post avec une arrière-cour transformée en musée de décors de films. C’était sur notre route, mais sinon, à éviter… C’est sur donations et honnêtement nous n’avons laissé que $5, c’est minuscule et tout est en très mauvais état.

OLD PARIA

Bien qu’il faille rouler 7km de piste (en bonne état) pour s’y rendre et qu’il n’y ait pas de rando établie sur place, j’ai trouvé que le déplacement en valait la peine. Les couleurs sont absolument sublimes. 

WIRE PASS SLOT CANYON

Pas facile de trouver la piste pour s’y rendre. Le GPS était paumé et nous a même proposé à plusieurs reprises de passer par des chemins privés. Merci, mais je n’ai pas envie de me faire tirer dessus ! Après avoir fait des tours, retours, détours et contours le long de la route principale nous trouvons enfin.

Heureusement que nous avions un SUV car avec la pluie de la veille, clairement, en berline ça passait pas. La piste est boueuse et remplie de trous. Monsieur me demande à plusieurs reprises de faire demi-tour. Il est vrai qu’il est interdit d’être hors route par les contrats de location. Ça met donc un peu la pression, faut pas s’enliser… On essaie quand même de profiter du paysage, magnifique.

Je m’arrête devant une « petite » cuve avec pas mal d’eau. Après un débat on passe ou on passe, je décide de tenter. Après tout, on a connu pire avec Chaco Canyon. Et à raison ! Nous arrivons finalement au parking, soulagés. Le retour sera plus simple, le soleil ayant bien séché la piste.

L’aventure continue avec la marche. Niveau modéré, elle fait 5,5km en tout mais la partie intéressante se trouve vers la fin. Au début, rien à voir et c’est hyper boueux, ça glisse. Bref, pas terrible. Arrive un embranchement. Les deux chemins vont au même endroit, on a fait par un côté à l’aller et par l’autre au retour comme ça on a tout vu ! Je suis passée devant voir si ça se faisait sans trop de risque et les autres ont suivi avec le petit ensuite. Enfin un peu d’action et de fun !

Il y avait peu de monde, mais au bout carrément personne. Et pour cause : nous arrivons devant une descente abrupte. Ce n’est pas dangereux en soit mais il n’y a pas d’échelle pour remonter… Tous les marcheurs font demi-tour. On hésite mais on y va, c’est fabuleux et on est seul au Monde. Un moment hors du temps.

Maintenant il faut repartir… Les parois glissent, on ne peut pas s’y accrocher. Monsieur passe le premier, très fin et sportif, il s’en sort pas trop mal. Tirée d’un côté et poussée de l’autre, à deux ils arrivent à me hisser. Le petit est porté, pas de sujet. Reste ma nièce. Personne pour la pousser et pas un seul point d’appui. Grosse galère ? Oui… mais aussi grosse barre de rire ! Tant bien que mal, et couvert de boue, nous repartons en sens inverse. Les difficultés créent aussi des souvenirs sympas. Et en voyage c’est ça qu’on aime : vivre des expériences. Pour sûr, ici, on a été servi !

Le soir, nous entrerons dans un restaurant, avec une affiche indiquant qu’ils ne veulent pas de clients plein de boue… On a pas le temps de passer à l’hôtel, on tente tant bien que mal de cacher la misère. Ça passe mais on fera quand même profil bas et on frôlera les murs pour aller aux toilettes se laver un peu !! 

TOADSTOOL HOODOOS

Beaucoup plus facile d’accès, et de facto beaucoup plus touristique, cette rando de 2,6km AR permet de voir de belles formations géologiques qui nous ont fait un peu penser à Gobelin State Park, mais en blanc. A ne pas louper !

WAHWEAP OVERLOOK

Nous arriverons juste à temps pour voir le coucher du soleil sur le lac Powell à ce point de vue très prisé des photographes. On y a vu 2 jeunes filles avec de l’alcool visible, on a parié sur le fait qu’elles étaient françaises. On s’approche et oui, en effet. Comme lorsque nous étions à Sedona : quand on voit des gens boire ouvertement en public, c’est des français. Les locaux ne le feraient pas, c’est très mal vu et rappelons-le c’est aussi interdit. Vous croyez que c’est pourquoi qu’ils ont tous des hydroflask ??!! Mais chut…

POW WOW TRADING POST

Lorsque nous étions à Gallup au Nouveau Mexique, j’avais adoré les tradings post. Je voulais donc aller à celui-ci pour voir les bijoux et autres créations faits par les natifs. Grosse déception, le magasin ne faisait pas très authentique.

ANTELOPE CANYON

Le canyon est divisé en 3 parties : Upper, Lower et X. Upper est le plus connu mais nous avons choisi de visiter Lower car c’est le seul à avoir les 3 formes possibles de parois : en A, en V et parallèles.

On attendait cette visite avec beaucoup d’impatience et… c’était magique. Déjà on arrive, c’est waouh (oui les mots me manquent !). Le guide nous dit de ne pas s’attarder là car ce n’est pas très intéressant. On ne comprend pas, c’est un endroit incroyable. Bon, on avance. Et en effet, le début n’était rien par rapport à ce qui nous attendait après. Grosse claque.

On a un guide incroyable, qui explique bien, nous laisse du temps pour en profiter, nous prend en photo, nous donnes des astuces pour les prises de vue, répond aux questions (et j’en avais quelques-unes !), le tout avec beaucoup de gentillesse. On lui a laissé un billet en partant parce que franchement il a vraiment contribué à faire de notre visite un moment exceptionnel.

Je vous conseille de ne pas être le dernier à remonter à la surface. Depuis l’extérieur, c’est rigolo de voir les gens sortir. On distingue à peine la faille du canyon, on ne devine rien ni personne et d’un coup on voit une tête qui dépasse, ça parait bête, mais c’est super drôle !

Après l’expérience « boue » de Wire Pass, je m’interroge sur le fait qu’ici, c’est parfaitement sec. Je pose donc la question. Le prix de l’entrée peut paraitre cher mais il y a de l’entretien : après la pluie, il pompe l’eau et rebalance du sable. Pas très naturel c’est vrai mais l’endroit est ainsi toujours sec et sûr. Ils ont aussi du matériel pour extraire les personnes directement depuis le fond du canyon en cas de malaise par exemple. 

On sent que la sécurité est un sujet qui tient à cœur. A la fin de la visite, on comprend mieux pourquoi : le guide passe par un petit monument en hommage aux victimes (presque toutes françaises) d’un flash flood ayant eu lieu il y a longtemps et qui justifie maintenant toutes les mesures qu’ils ont mis en place. Je le disais au début quand je parlais de Red Hollow, les slots canyons peuvent être très dangereux. Ne dit-on pas que les choses les plus belles sont les plus redoutables ?

HORSESHOE BEND

Après un arrêt éclair à Glen Canyon Barrage, sans aucun intérêt, nous nous rendons au très fameux Horseshoe Bend, qui lui non plus, n’est pas des plus palpitant. Ultra saturé, le parking est à $10 et les 2,5km de marche AR n’ont rien à offrir à part le point de vue final.

Y’a des barrières juste devant, c’est bien vu que les gens s’agglutinent et presque nous pousseraient. On avait vu une nana en bouche cul-de-poule au barrage, on la retrouve ici, au secours… Autour, la vue est similaire, sans les barrières, mais toujours avec la foule. La vue est incroyable en soi mais si on prend en compte tout le contexte, j’ai plutôt envie de dire bof quand même.

MONUMENT VALLEY

Voilà encore un site que nous attendions de visiter avec fébrilité. La veille, comme souvent, nous étions dans un hôtel de la chaine Hilton, à Kayenta. Mais pour la première fois, celui-ci semblait avoir une vraie âme locale. L’extérieur, la déco intérieure, les employés, la nourriture servie : il ne faisait aucun doute que nous étions en terres natives. Du coup j’ai même acheté un petit souvenir à la boutique !

Nous pensions que ça serait bondé mais au final, en y allant en semaine, on était tranquille, c’était parfait. L’entrée à $8 par personne est largement mérité. En arrivant sur le parking, on tombe sur un animal errant, pour lequel nous débattrons toute la journée de savoir si c’était un chien ou un coyote (et non ce n’est pas si simple à déterminer). Je vous laisse la photo si jamais vous avez un avis sur la question !

On a commencé par la partie boutique et la plateforme avec la vue emblématique. 

C’est parfait pour les photos mais ce n’est pas le plus intéressant. Le mieux, c’est Valley Drive, la piste qu’on voit sur le devant. On a fait tous les arrêts, parfois pour le temps d’une simple photo, parfois beaucoup plus longtemps pour profiter du paysage. C’était magnifique. Cet endroit restera un moment fort de notre voyage.

Quoi de plus typique avec ce décor qu’un cheval dans son ranch ? Il y en a un sur place. Attention, ils demandent $5 pour prendre une photo…!

FORREST GUMP POINT

La scenic road 163, en plus d’offrir un décor grandiose, a un arrêt bien connu au marqueur du mile 13 : c’est là où dans le film éponyme, Forrest Gump arrête de courir. Le point de vue en soi n’a rien de fou et y’a beaucoup de gens marchant ou courant sur la route, mais étant fan du film, j’étais contente de faire un petit stop !

GOOSENECK STATE PARK

Voilà une excellente alternative à Horseshoe Bend. C’est plus petit et gris mais franchement ça en jette quand même et surtout, on était seuls (littéralement pour la plupart du temps). Quiétude et beauté du paysage. On ne regrette pas cet arrêt hors des sentiers battus.

On a marché 3km AR pour aller au bout du seul petit sentier. La vue à l’entrée était plus jolie mais c’était aussi l’occasion de prolonger le moment. 

CANYON DE CHELLY

Ce site est lui aussi un peu hors des sentiers battus puisqu’il se trouve dans une partie reculée de l’Arizona, où le comté entier ne compte que 2 habitants au Km2. La ville la plus proche du Canyon, Chinle, où nous avons passé la nuit précédente, était assez malaisante. Dès l’entrée de la ville on croise un mec à l’air hostile avec un nunchaku. Monsieur a aussi vu quelqu’un avec une arme, je n’ai pas faire attention, mais déjà, ça pose le ton. Et si vous ne faites pas partie d’une minorité, entrez dans le supermarché du coin et vous allez enfin comprendre ce que c’est d’être fixé pour sa couleur de peau. 

La ville se trouve au sein d’une réserve indienne, inutile donc de faire comme moi et de tourner en rond dans le magasin à la recherche du rayon bières ! Au début je m’étais dit que c’était sûrement comme en Pennsylvanie, et qu’il fallait aller dans un magasin spécialisé qui a le droit de vendre de l’alcool. A l’occasion d’un plein d’essence je pose la question à la dame qui tenait la station et qui me rappelle avec « douceur » que non seulement la vente, mais aussi la consommation ou même la détention d’alcool est interdite en réserve indienne.

Je ne voulais offenser personne, j’avais juste oublié. D’autant que lorsqu’on entre en terres indiennes, aucun panneau n’indique qu’on a « passé la frontière ». Bref, leçon retenue. Et vu l’atmosphère, on était bien content d’avoir décidé de dîner à l’hôtel ce soir-là… Autre info culturelle, on a vu beaucoup de « petites cabanes rondes » à côté des habitations, elles sont traditionnelles et utilisées pour les cérémonies.

Avant la nuit, je me rends au Visitor Center du Canyon car le lendemain c’est Thanksgiving, avec Noël le seul jour où tout est fermé (oui étrangement, même chez les natifs). Je voulais récupérer le livret Junior Ranger et le badge qui va bien pour que le petit s’intéresse à la visite du lendemain. A l’entrée, y’avait ce panneau que j’ai trouvé super cool !

La seule rando du Canyon est fermée depuis quelques années pour raison de sécurité. Nous n’avons donc fait que les points de vue. Parfois il faut quand même marcher un peu pour accéder au panorama, c’est pas juste entrer et sortir de la voiture c’est déjà ça !

Je suis assez mitigé sur cet endroit. Le paysage est superbe et l’histoire du lieu est intéressante mais il règne une atmosphère vraiment particulière qui ne met pas très à l’aise. Peut être la sensation était amplifiée par le fait que nous étions seuls (oui encore!). Il y avait ça et là un ou deux artistes proposant leurs créations. Parfois ils nous aidaient à trouver les anciennes maisons troglodytes mais même sans eux c’est assez facile de les repérer en ouvrant l’œil. Le point culminant de la visite reste Spider Rock. Sublime. Le déplacement faudrait même le coup juste pour ça !

LA ROUTE 66

Maintenant que nous avons traversé tout l’État, il faut repartir vers Las Vegas. Et quoi de mieux pour ça que d’emprunter la Mother Road ? Ce n’est pas la première fois qu’on roule sur cette route mythique. On avait déjà fait une petite portion au Nouveau-Mexique et dans le Sud Californie. Mais c’est toujours un plaisir, d’autant que la partie Arizona est la plus immersive !

On fera tout d’abord un arrêt très court dans la rue principale de Williams, un petit bled de 3.000 habitants où on a quand même croisé une tenante de magasin française !

L’arrêt suivant, Seligman, est devenu célèbre pour avoir inspiré le dessin animé « Cars ». Nous n’avons d’ailleurs pas trouvé le mural du film… Dommage. Mais celui-ci nous a consolé !

La rue principale est un alignement de boutiques souvenirs, et il y a en a pour tous les goûts. Vous ne croiserez que des touristes où des locaux travaillant pour le tourisme. Il n’y a absolument rien d’autre ici. On s’est garé derrière le magasin de glaces Snow Cap. Bien que fermé, le décor posait déjà l’ambiance !

On a fait toutes les boutiques, mais pour certaines on a fait que rentrer et sortir, comme celle, minuscule, qui sentait tellement fort le chien mouillé que ça donnait la nausée ; où celle avec le propriétaire qui nous fixait sans relâche, et sans sourire, en caressant son petit toutou dans ses bras. On aurait cru un « méchant » de dessin animé en train de préparer son plan machiavélique ! La boutique avec les mannequins sur le toit était aussi assez improbable. Enfin bon, on flâne, on se marre, et y’a quand même des pépites !

Si vous devez ne faire qu’un magasin, c’est sans aucun doute Angel et Vilma’s. Pas le plus beau ni celui avec le plus de choix… mais celui avec le plus d’histoire. On a pris nos souvenirs là-bas, ça prenait plus de sens. Quand on rentre on nous distribue un papier nous expliquant comment s’est montée l’association des commerçants pour valoriser la route 66, et c’est ici que tout a commencé ! Ils parlent plusieurs langues, c’est pratique pour papoter un peu. On y trouve des photos de célébrités qui sont passées par là comme Johnny Halliday ou J-Luc Reichman.

C’est de ce Monsieur que tout est parti. Son beau-fils s’occupe de la boutique

Nous reprenons la route 66 et faisons quelques arrêts très rapides. D’abord à Hackberry General Store, intérieur sympa mais c’est surtout l’extérieur qui a du caractère ! J’adore !

Puis Giganticus Headicus mais la boutique était fermée donc sans intérêt. Y’avait pas mal de monde sur place, à la recherche d’un géocache ; Enfin Mike’s route 66 outpost & saloon, où nous voulions déjeuner mais ils ne faisaient que du snacking, ça tombait bien, on est reparti, l’intérieur n’avait rien de fou.

Notre dernier arrêt se fera à Kingsman. On a déjeuné au Ruthford’s 66 family diner : classique américain, pas cher, où les locaux se mélangent aux touristes ; il y avait d’ailleurs des français à la table derrière nous. Malheureusement le musée de la Route 66 était fermé, mais on a quand même pris une photo dans le spot voiture sur le parking du musée et on a navigué à pieds autour, quitte à être là !

On entrera dans Mr Dz Diner pour profiter de la déco et mon mari portant son pull souvenir de Melbourne se fera alpaguer par un Australien qui voulait savoir d’où on venait. Les Français ne sont pas réputés pour leur small talk mais vivant ici depuis plusieurs années, on est habitués et ça nous manquera même sûrement quand on partira ! Bref, au final c’est Seligman qui nous aura le plus marqué, mais Kingsman valait le coup quand même. 


Enfin ! Ca y est, nous aurons exploré tout ce qu’on voulait voir en Arizona. L’Ouest a une place importante dans notre cœur de voyageur donc pour sûr, si on a l’occasion d’y retourner, ça sera avec plaisir, et on trouvera bien évidemment d’autres sites à découvrir ! Au risque de ma répéter, les paysages là-bas sont tellement dépaysants et éblouissants qu’on ne peut pas s’en lasser ❤️


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